Eklablog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Découvrez la culture du metal, ses préjugés et ses on-dit

Publicité

(messages) Commentaire sur les constellations d'attributs de Moles - Les messages subliminaux

Les messages subliminaux

« Noir » (14 fois), « sombre » (11 fois), « Suicidaire » (6 fois), « dépression / déprimé » (2 fois), « alcool » (2 fois), « anarchiste » (2 fois), « excès » (1 fois), « souffrance » (1 fois), « défoncé » (1 fois), « sensible » (1 fois), « tourmenté » (1 fois), « tragédie » (1 fois), « scarification » (1 fois), « antisocial » (1 fois).

« Noir » (1 fois)

Les intégristes religieux propagent une rumeur selon laquelle certains albums de Heavy Metal comporteraient des messages subliminaux qui encourageraient les personnes qui les écoutent à vénérer le Diable ou encore à se suicider. De nombreux disques de Hard Rock et de Heavy Metal ont été accusés – à tort – de contenir ce genre de messages. Un message est dit subliminal lorsqu’il est perçu par les sens et analysé par le cerveau mais non communiqué à la conscience. Il peut être vidéographique, sonore ou pictographique.

Deux groupes connus internationalement ont eu de nombreux problèmes avec la justice :

  •  La chanson Better By You, Better Than Me[1] de Judas Priest inciterait – soit-disant – au suicide. Le groupe fut innocenté, mais la sur médiatisation du procès a « ancré cette accusation infondée dans l’inconscient collectif du grand public ».

 
Judas Priest fut également accusé d’avoir dissimulé des messages subliminaux dans la chanson Dream Deceiver[2], qui aurait poussé au suicide « communs » de deux jeunes  adolescents fan du groupe. Les parents ont alors portés plainte mais le groupe fut acquitté après la découverte des comportements des deux jeunes qui étaient profondément perturbés, grands consommateurs de drogue et d’alcool, en difficultés scolaire et professionnel, fasciné par les armes à feu et issu de familles instables.

  • Ozzy Osbourne – chanteur du groupe Black Sabbath – fut également accusé d’avoir inséré des messages subliminaux sur sa chanson Suicide Solution. Bien que le titre de la chanson puisse paraître explicite, la chanson aborde les effets néfastes de l’alcoolisme et du « caractère suicidaire qu’il y a à se réfugier derrière une bouteille », cette chanson n’invite pas au suicide.


Mais un adolescent fan d’Ozzy Osbourne se donne la mort en 1985 et ses parents accusent donc le chanteur du suicide de leur fils. Suite au procès, on accuse le chanteur d’avoir inclus des messages subliminaux dans ses chansons. Le chanteur dément, et est déclaré non coupable, car impossible d’un point de vue musicologique de prouver l’insertion de tels messages. De plus la victime souffrait de dépression et connaissait des problèmes au sein de sa famille. 

Les deux  morceaux célèbres qui auraient contenu des messages subliminaux :

  •  Stairway To HeavenLed Zeppelin dont l’audition à rebours permettrait d’entendre la phrase « I’ve got to live for Satan (« Je dois vivre pour Satan »), ainsi que la phrase « My sweet Satan, no other made a path » (« Mon doux Satan, nul autre n’a tracé de route »).
  •  Another One Bites The Dust – Album Killers – Queen (Supposé contenir la phrase : “Start To Smoke Marijuana” (“Fume de la Marijuana”).

 Le chanteur, Alice Cooper, décide d’écrire à la suite de ces accusations une chanson contre le suicide : Hey Stoopid[4]. Il déclare qu’ « il est juste impensable que quelqu’un puisse écrire une chanson qui incite un môme à se suicider. Chaque fois qu’un môme se tue, ils essaient de voir quel disque il écoute, au lieu de chercher ce qui se passait chez lui ».

Le groupe de thrash metal, Sacred Reich s’empare du sujet d’une façon plus polémique dans sa chanson Who’s To Blame[5] ? où il insiste sur le fait que tous les artistes accusés n’étaient en réalité que des boucs émissaires et que la raison du mal-être des adolescents résidait dans leur environnement familial.

Le PMRC

Aux Etats-Unis, apparaît  en 1985 un groupe de pression : le Parent’s Music Ressource Center, le PMRC, dont le but est de lutter contre l’obscénité et la pornographie dans la musique Rock.

Selon l’historienne Anne Benetollo, le PMRC « naît dans un contexte de renaissance religieuse et de puritanisme. Les idées que le groupe développe vont remporter une large audience car il choisit de se battre contre les fléaux qu’une majorité d’Américains rejette alors, tels que la pornographie, la consommation de drogues, le satanisme et la violence ».

Le PMRC énumère 15 chansons à succès, à proscrire, voire à bannir, selon leur thème : le sexe, le satanisme, la violence, la drogue et l’alcool[6] :

 

Artiste

Titre de la chanson

Contenu des paroles

1

Prince

Darling Nikki 

Sexe, masturbation

2

Sheena Easton

Sugar Walls

Sexe

3

Judas Priest

Eat Me Alive

Sexe

4

Vanity

Strap On Robbie Baby

Sexe

5

Mötkey Crüe

Bastard

Violence

6

AC/DC

Let Me Put My Love Into You

Sexe

7

Twisted Sister

We’re Not Gonna Take It

Violence

8

Madonna

Dress You Up

Sexe

9

W.A.S.P.

Animal (Fuck Like a Beast)

Sexe

10

Def Leppard

High ‘n Dry

Drogue, alcool

11

Mercyful Fate

Into The Coven

Satanisme

12

Black Sabbath

Trashed

Drogue, alcool

13

Mary Jane Girls

Into My House

Sexe

14

Venom

Possessed

Satanisme

15

Cyndi Lauper

She Bop

Sexe, masturbation


Le PMRC n’ayant pas put censurer certaines productions discographiques, a tout de même réussi à obtenir auprès de la majorité de l’industrie du disque, l’apposition de la mention « Parental guidance – Explicit Lyrics » sur certains enregistrements jugés « dangereux ». Il est à l’origine des autocollants sur certains albums, qui portent les mentions « Parental Advisory Explicit Lyrics Parental Advisory ».

Le PMRC a accusé de nombreux groupes comme Styx, Rush, Judas Priest, Pink Floyd, Van Halen, Kiss, Queen, d’avoir recours à des messages subliminaux dans leurs chansons pour inciter leur auditoire à boire de l’alcool, à se droguer et à vénérer Satan.

Actuellement le PMRC a beaucoup perdu de son influence, et cède aujourd’hui le terrain à d’autres groupes de pression, plus extrémistes encore[7].

De nombreux groupes protestèrent contre le PMRC[8] : 

  • TOOL (cf photo) s’oppose au PMRC dans leur première vidéo « Hush » en 1992[9]
  • RAGE AGAINST THE MACHINE proteste contre le PMRC en stoppant leur concert durant 14 minutes, se présentant nus, un ruban adhésif sur la bouche avec les lettres PMRC sur leurs corps à Lollapalooza le 18 juillet 1993 (cf photo)
  • METALLICA indique à la fin de son album Master Of Puppets en 1986 "THE ONLY TRACK YOU PROBABLY WON'T WANT TO PLAY IS "DAMAGE, INC." DUE TO THE MULTIPLE USE OF THE INFAMOUS "F" WORD. OTHERWISE, THERE AREN'T ANY "SHITS," "FUCKS," "PISSES," "CUNTS," "MOTHERFUCKERS," OR "COCKSUCKERS" ANYWHERE ON THIS RECORD" dans le but de réagir à l’étiquette explicit lyrics.
  • NOFX en 1987 réalise un EP intitulé The PMRC Can Suck on This ! L’album contient une photo en noir et blanc de Tammy Faye Bakker ayant une “sodomie” avec son mari (et télévangéliste) Jim Bakker.
  • La chanson Hook In Mouth de l’album So Far, So Good … So what ! sortit en 1988 du groupe Megadeth dénonce la censure du PMRC. Le clip vidéo « In my darkest hour » du même album, le bassiste a collé un sticker sur son instrument « Fuck the P.M.R.C ».
  • L’album The Iceberg / Freedom Of Speech ... Just Watch What You Say de Ice-T sorti en 1989 contient de nombreuses critiques sur le PMRC, notamment la chanson Freedom Of Speech :  

Yo Tip, what's the matter? You ain't gettin' no dick?
You're bitchin' about rock'n'roll, that's censorship, dumb bitch
The Constitution says we all got a right to speak
Say what we want Tip, your argument is weak

          Autres groupes :

  • Sonic Youth
  • Cinderella
  • Suicidal Tendencies
  • Warrant
  • Flotsam and Jetsam
  • Tool
  • The Ramones
  • Anthrax
  • Rage against the Machine
  • Pistol Grip
  • Leftöver Crack (groupe punk)
  • Sex Pistols
  • Twisted Sister
  • Dead Kennedys
  • Aerosmith, Megadeth, Ministry, Reset, W.A.S.P. ...

Dans certains pays le metal est prohibé de manière extrêmement radicale. Ils arrivent souvent que des malais, égyptiens, soient condamnés pour leurs goûts musicaux[10].

En février 2003, quatorze jeunes marocains ont été condamnés par leur pays à des peines de prison ferme (de un mois à un an) pour avoir joué et écouté du Hard Rock. Leurs juges ont estimé qu’ils avaient mené une « tentative d’ébranler la loi des musulmans »[11].

Rage Against the Machine


[1] Cf en pages annexes « autres documents », les paroles de la chanson Better By You, Better Than Me de Judas Priest.

[2] Cf en pages annexes « autres documents », les paroles de la chanson Dream Deceiver de Judas Priest.

[3] Cf en pages annexes « autres documents », les paroles de la chanson Suicide Solution d’Ozzy Osbourne.

[4] Cf en pages annexes « autres documents », les paroles Hey Stoopid d’Alice Cooper.

[5] Cf en pages annexes « autres documents », les paroles Who’s To Blame de Sacred Reich.

[6] Source du tableau http://en.wikipedia.org/wiki/Parents_Music_Resource_Center

[7] Hard rock, heavy metal, metal : histoire, cultures et pratiquants – Fabien Hein – Musique et société – Page 193.

[8] http://en.wikipedia.org/wiki/Parents_Music_Resource_Center

[9] Clip vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x3fu1m_tool-hush_music. Site consulté le 4/12/08.

[10] Cf en pages  annexes « articles », « Des étudiants égyptiens aisés aimaient le hard rock et « adoraient » Satan. Les autorités religieuses exigent un châtiment exemplaire » d’Alexandre Buccianti paru dans Le Monde le 12 février 1997 et « Au Maroc, haro sur le hard rock en T-shirt noir » de Jean Pierre Tuquoi paru dans Le Monde le 13 mars 2003.

[11] Hard rock, heavy metal, metal : histoire, cultures et pratiquants – Fabien Hein – Musique et société – Page 194. 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article