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Découvrez la culture du metal, ses préjugés et ses on-dit

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Les trois articles utilisés pour les méthodes de Lasswell et de Jackobson

Article 1 : Le Figaro


« Eurovision : les Finlandais de Lordi, nouveaux «monstres» de la chanson »

 «Un groupe de rock déguisé en monstres remporte l'Eurovision. C'est la victoire du rock et de l'ouverture d'esprit. C'est aussi la preuve qu'il n'y a pas que la pop et les ballades», a déclaré au cours d'une conférence de presse le chanteur et leader de «Mr Lordi». C’est donc son groupe de heavy-metal, les Finlandais de Lordi qui a remporté la grande messe télévisuelle qu’est l’Eurovision dans la nuit de samedi à dimanche. Ils l'ont emporté sur les artistes de 23 autres pays réunis dans un stade de 18.500 places en banlieue nord d'Athènes. La Française Virginie Pouchin, une quasi-inconnue, figure en revanche dans les profondeurs du classement avec seulement 4 points pour sa chanson «Il était temps», écrite par le chanteur Corneille. Les monstres, eux, ont totalisé 292 points. Grimés en créatures de film d'épouvante, avec cornes, dents acérées et griffes au bout des doigts, vêtus d'armures ou de bandage, les cinq membres du groupe ont donné sur scène une prestation grand-guignol servie par une débauche d'effets pyrotechniques. «Des ailes dans mon dos/Des cornes sur ma tête/Mes crochets sont acérés/Et mes yeux sont rouges (...) Maintenant choisis de nous rejoindre/Ou vas tout droit en enfer», proclame leur titre «Hard rock alléluia». Satanisme Leur présence à l'Eurovision avait heurté des petits groupes conservateurs grecs qui avaient réclamé leur retrait de la compétition au motif qu'ils «cultivent et justifient le satanisme et sapent les fondements de la culture européenne et grecque». En vain. Les membres de Lordi viennent de la minorité lapone de Finlande. Leur chanteur au sens de l'autodérision affirmé, avait déclaré avant la compétition: «Nous sommes à l'Eurovision un peu comme des mangeurs de viande dans un café végétarien». C'est la première fois que la Finlande remporte cette compétition, suivie par des dizaines de millions de fans en Europe. Elle gagne ainsi le droit de l'organiser l'année prochaine. Comme toujours à l'Eurovision, la politique s'est également invitée au concours : la Serbie-Monténégro, qui devait participer à la compétition, n'a finalement pas envoyé de candidat, les deux entités serbe et monténégrine n'ayant pu s'accorder sur sa nationalité. Le Monténégro votera dimanche pour savoir s'il devient indépendant ou reste dans une union avec la Serbie.

15/10/2007 | Mise à jour : 19 : 45 |

 

Article 2 : Marianne


LA FRANCE OUTRAGEE, LA FRANCE HUMILEE … MAIS C’ETAIT, HELAS, MERITE !

 

Une belle baffe comme Obélix les aime. Sauf que, cette fois, c’est Astérix qui l’a reçu en pleine poire. Enfin, quand on dit Astérix … Une seule certitude, les Français se souviendront longtemps de la finale 2006 de l’Eurovision où la « chanteuse » qui portait leurs couleurs à fini 22e sur 24.

Tout avait pourtant commencé comme un joli conte de fée : l’irrésistible ascension de la blonde Virginie Pouchain, chargée de representer la France et choisie par des milliers de téléspectateurs et un « jury d’artistes de talent », dixit France 3. La chanson est signée Corneille (la mode, ces temps-ci, est davantage aux corbeaux mais la mode est volatile). La « jolie ballade » devrait être particulièrement aboutie, puisque l’impéttant à dû revoir sa copie.

  Arrive le soir tant attendu. L’événement est retransmis en direct d’Athènes. Les commentaires sont assurés par Michel Drucker et Claude Siar, qui donneront très vite le ton de leur prestation : « Sur le service public, on aime la culture, d’ailleurs, ce matin, nous avons visité l’Acropole ». On sait bien qu’il faut donner des gages de bons élèves à la nouvelle direction de France 2-France 3 mais, enfin, de là à confondre l’Eurovision avec l’émission « Des racines et des ailes » …

  Vingt et une heure, le moment tant attendu. Trop attendu, hélas. La blanche colombe fait un couac. Virginie Pouchain – est-ce l’émotion ? – chante faux et, qui plus est, un texte d’une niaiserie rare sur une musique d’aérogare. Qu’importe : dans une envolée lyrique digne des plus belles années de l’ORTE, nos deux compères lui tressent des lauriers. Siar se surprend même à rêver que l’interprète – le terme « chanteuse » paraît, en l’espèce, vraiment trop emphatique – finisse dans les cinq premières « pour clouer le bec aux détracteurs de Corneille et de Pascal Sevran ». Ce dernier n’en demandait pas tant.

  L’épreuve – au sens littéral du terme – terminée, les groupes représentant les autres nations se suivent et souvent se ressemblent. Nos deux acolytes croient relever le côté Shakira d’Une telle ou Beyoncé de telle autre – toujours cette manie de la comparaison et de l’uniformisation : ils fustigent la volonté d’innovation, jugée présomptueuse, des Lituaniens de LT United, au look proche de Madness et qui scandent d’une manière désinvolte : « We are the Winners … Of The Eurovision ». Du second degrès pas évident pour tout le monde, mais plutôt efficace, puisque le groupe arrivera 6e !

  Mais ils n’ont encore rien vu : le groupe finlandais de light-metal Lordi fait son entrée en scène avec sa chanson Hard Rock Alleluia. Grimés en monstres de film d’horreur, les cinq membres du groupe chantent – juste, eux – sur une débauche d’effets pyrotechniques, assumant sans honte leur côté grand guignol, entre Kiss et les créatures de Tolkien. Moins Marylin Manson que Rocky Horror Picture Show …

  Michel Drucker et son acolyte sont atterrés. Propulsés d’un coup dans le fauteuil des deux petits vieux du « Muppet Show » et soucieux de caresser dans le sens du poil le téléspectateur-cible de la chaîne, ils tranchent, avec la tranquille assurance d’un Alain Duhamel parlant de Ségolène Royal : « La Finlande n’a jamais gagné l’Eurovision. Eh bien, c’est pas avec ça qu’elle va gagner ! ».

  Las. La majorité des téléspectateurs de l’Eurovision donnent le maximum de points au groupe finlandais, après quoi la géopolitique reprend le dessus. Chypre vote pour la Grèce et la Grèce pour Chypre. La Moldavie écartelée se partage entre la Russie et la Roumanie. La Pologne, entre l’Ukraine et la Russie : on n’est jamais trop prudent. Les pays baltes élisent les autres Pays Baltes et les pays de l’Europe du Nord plébiscitent la Scandinavie. C’est curieux. Plus l’Europe des fédéralistes avance, plus elle ressemble au Saint-Empire romain germanique. Vivement l’indépendance de la Voïvodine pour que le Monténégro nouveau lui accorde ses suffrages. De quoi conforter, en tout cas, Alain Finkierlkraut dans son amours des petites nations. A quand la Bordurie votant pour la Sylvadie et la Sylvadie soutenant la Bordurie ?

  Et la France, direz-vous ? En gardant à l’esprit la médiocrité de la prestation et la nullité des commentaires, on se surprend à espérer un zéro pointé pour notre représentante. Nous n’aurons même pas cette satisfaction puisque l’Arménie (en reconnaissance de la proposition de loi – rétorquée – sur le génocide ?) et … Monaco voleront à notre secours. Au passage on notera la « trahison » d’Andorre – le pays sanctionne-t-il, ici aussi, l’inaction de son coprince ? – qui donnera son quota de point à l’Espagne.

  Résignés face à la victoire – tout de même un peu trop inéluctable – des Finlandais, avec 292 points, nos commentateurs n’en mènent pas large. Drucker conclura ce samedi noir (vivement dimanche !) de manière imparable, frappé d’un éclair de clairvoyance : « je crois que nous ne sommes probablement plus dans le coup ! ».

Habitude, lassitude

Plus dans le coup, en effet, si tous ceux qui ont présidé à cette Berezina poursuivent leur mot d’ordre : ne surtout pas se remettre en question. Continuer chaque année à envoyer la même chanteuse, la même ballade lénifiante badigeonnée à la sauce variété internationale. Pas de rap, pas de slam, pas de R’nB, pas de rock, surtout pas de musique polyphonique, pour ne pas réveiller la France qui dort, pas de ces musiques de sauvages. Pas d’humour non plus, pas de texte qui ne se regarde pas le nombril. On n’est pas là pour conquérir 150 millions de téléspectateurs mais pour … Oui pour quoi au fait ? On ne sait même plus. Un peu par habitude, beaucoup par lassitude, surtout pour ne pas désespérer les 5 millions et demi de téléspectateurs français fidèles à ce rendez vous et les parts de marché qui vont avec. Eh bien, cette fois, c’est raté.

  Les initiateurs de ce splendide fiasco ne s’y serait pas pris autrement que, décidément, la France est ringarde, frileuse et grincheuse. Une bien mauvaise action. Mais peut-être est-ce, après tout, sincèrement l’image qu’une partie de nos élites se font du goût populaire. Pourquoi voudrions-nous quelque chose d’imprévisible, d’original, de hors du commun, de nouveau ? Faut-il leur rappeler que l’on peut être authentique sans se caricaturer soi-même ? Et que l’on ne vienne pas nous dire que cette nouveauté-là ne se trouve que dans les standards uniformisés, prémâchés, prédigérés par les grandes majors de l’industrie du disque. Lorsque Jeunet revisite, caméra au poing, un Paris à la Georges Perec, n’est-il pas plus innovant que toutes les daubes françaises de la vieille vague complaisamment présentées à Cannes ? Eh oui, le monde d’Amélie Poulain n’est pas de l’univers de Virginie Pouchain. Voilà pourquoi la cuisante leçon de l’Eurovision n’est pas anecdotique. L’image franchouillarde, fadasse et pleurnicharde que nous avons montrée à cette occasion est aussi à l’œuvre dans la francophonie et, plus largement, dans la manière dont nous présentons la culture française du monde. 


Article 3 : Voici


POUR LA FRANCE C’EST UN PEU HARD

Pourvu qu’il n’ait pas entendu les critiques de Michel Drucker à son égard. Ça le ferait fondre en larmes. Et son armure serait toute rouillée …

Soudain Virginie Pouchain a un doute ? Et si le public n’accrochait pas ? Elle aurait dû suivre son instinct : ce décolleté était beaucoup trop osé ![1]

BONJOUR LES BARBARES

Renaud Doucet, rédacteur en chef du magazine Hard n’Heavy, nous présente Lordi, le vainqueur de l’Eurovision 2006.

Voici – Dites-nous en plus sur Lordi

R.D. – Ce groupe, fondé en 1982, est influencé par Kiss (le chanteur Lordi est président du fan-club finlandais de Kiss). Tomi Putaaneuu (son vrai nom), 32 ans, était responsable d’effets spéciaux pour le cinéma et s’occupe des costumes et du maquillage. Musicalement, Lordi joue du hard rock assez classique …

Voici – Ce groupe de hard rock est-il crédible dans le milieu du metal ?

R.D. – Plutôt controversé. Certains adorent, d’autres dénigrent le côté commercial et grand guignol.

Voici - Qu’avez-vous pensé de leur victoire à l’Eurovision ?

R.D. – Que le heavy metal soit à l’honneur est extraordinaire : c’est la victoire de l’ouverture d’esprit. Soulignons que Lordi n’est ni sataniste ni extrémiste.

 

Lorsque Lordi est monté sur scène, les présentateurs français ont bien ricané. Quelques minutes plus tard, ils pleuraient. Mais plus de rire …

Les participants, officiels et journalistes, présent samedi 20 mai à Athènes, n’en croient pas leurs yeux et surtout leurs oreilles.Porté par les suffrages du public, Lordi, un groupe de hard rock finlandais caricatural dont les musiciens sont déguisés en barbares, enlève haut la main l’édition 2006 du concours Eurovision de la chanson. Oubliée dans un coin, Virginie Pouchain la représentante française, compte sur les doigts d’une seule main le total des points qu’elle vient de récolter. Cinq ! Elle avait pourtant tout bien fait comme il faut. Sa chanson, Il était temps, une bluette composée sur mesure par Corneille, possédait tous les atouts pour séduire les habitués de l’événement : des paroles d’une niaiserie abyssale et des arrangements à faire pleurer une momie desséchée. En direct sur France 3, Michel Drucker et Claudy Siar, son comparse d’ un soir en pleureraient de rage (voir encadré). Sauf que depuis 1977 et la victoire de Marie Myriam avec l’Oiseau et l’Enfant, le monde a un peu changé et les chansons typiques de l’Eurovision, pompeuses, convenues et gentillettes, ne font plus recette. L’industrie du disque, engoncée dans des stéréotypes barbants, vient de prendre une claque monumentale. En public et par le public. Car pendant que les deux animateurs de France 3 dépassés par les événements (ou dépassés tout court ?) raillaient le groupe, les téléspectateurs français votaient et donnaient 8 points aux Finlandais ! Venu pour délirer et sans y croire, Lordi repart avec une victoire et l’impression d’avoir donné un bon coup de pied au train d’une institution obsolète. Hard rock, Alelujah! c’est le titre de leur chanson. Une belle devise …

Les animateurs ont « allumé » Lordi

« Eloignez les enfants du poste, ils vont faire des cauchemars ». C’est ainsi, que Michel Drucker, présentateur de la soirée sur France 3, accueille l’entrée en scène de Lordi. Claudy Siar (animateur radio sur RF1) qui l’accompagne prophétise juste après la prestation : « Ce n’est pas cette fois que la Finlande gagnera ». Sous le choc au moment des résultats, les compères ne rendent pas les armes : « Je vais faire écouter ça à ma chienne, elle va devenir dingue » déclare Drucker. « On ne soit plus être dans le coup » conclut-il. Siar ajoute « Prenons notre retraite, exilons nous ». Chiche ?



[1] Commentaires des photographies illustrant le document.

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