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Découvrez la culture du metal, ses préjugés et ses on-dit

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(jeunes) Commentaire sur les constellations d'attributs de Moles - Jeunes

« Jeunes » (4 fois), « Crise d’adolescence » (4 fois), « Marginal » (4 fois), « Bizarre » (2 fois), « Spécial » (2 fois), « génération » (1 fois), « victimes » (1 fois), « Identité » (1 fois), « Besoin de reconnaissance » (1 fois), « Mode » (1 fois), « Crise identitaire » (1 fois), « Pseudo rébellion » (1 fois) =/=  « Etat d’esprit » (3), « Mouvement facile à assimiler » (1 fois), « Manipulation » (1 fois), « Gamine sans personnalité » (1 fois), « Rap » (1 fois), « métalleux » (1 fois), « Fanatique » (1 fois), « Tarés » (1 fois).


D’après F. Hein, la découverte du metal s’effectue vers 12 à 14 ans. Le principal facteur de la découverte de ce mouvement provient des aînés[1]. Alors que l’enfant écoute le rock ou la musique classique de ses parents, une « imitation descendante » de la figure du grand frère va survenir et enclencher le processus de découverte puis d’attachement au metal[2]. D’après une enquête de l’abbé Robert Culat concernant environ 550 personnes sondées, 62% d’entre elles affirment avoir connu le metal par le bouche à oreille dans le cercle familiale et par le biais des amis. En effet, 215 personnes (la majorité) ont cité des amis, des copains, et 119 personnes ont cité des membres de leur famille, essentiellement des frères et sœurs. Les parents considèrent que le metal est une musique de rebelle et « dangereuse », mais il arrive qu’ils soient les facteurs de cette découverte. En effet comme le metal a plus de trente ans, il y a tout de même une génération de parents métalleux qui transmettent leur passion musicale à leurs enfants. Une autre source de découverte sont les groupes eux-mêmes, mais seul 10% des personnes interrogées déclarent avoir connu le metal avec les groupes les plus connus, les plus commercialisés comme AC/DC, Metallica et Iron Maiden[3].

Ce qui attire le plus dans le Metal ; outre  l’imagerie qui s’en dégage, avec les pochettes des Cds et des groupes, l’esthétique du mouvement, du visuel, du look ;  l’imaginaire a un rôle très important dans ce style, il représente 40%, alors que la musique représente 60% ; c’est la pulsation, l’accélération du rythme, l’exécution technique, la saturation de la guitare et l’imagerie. C’est ce côté singulier et puissant qui attire les jeunes. « Ils aiment une musique en priorité parce qu’elle apporte quelque chose que nulle autre n’engendre. Dans le [metal] il s’agit d’une radicalisation conceptuelle ». De plus, il est assez frappant que les métalleux parlent de leur découverte du metal avant tout en terme psychologique, la musique étant secondaire. En effet le metal est une musique qui se vit, et qui se ressent au plus profond.

Selon le graphique réalisé à la suite de l’enquête de Robert Culat, il apparaît que ce qui attire le plus dans le metal est la puissance (24%), qui est d’ailleurs la caractéristique principale. Vient ensuite la technique instrumentale avec 21% ; le metal demande beaucoup de travail et de recherche pour être réussie et puissante (comme par exemple le groupe Dream Theater). La violence dans les paroles, dans l’attitude des musiciens sur scène, leur look attirent 17% des personnes. Quant à l’ambiance et au côté sombre, avec l’aspect mystérieux très attractif attire 7%. Vient ensuite avec 6% la rébellion, ce qui prouve que peux de métalleux ne s’intéressent exclusivement au côté provocateur. Or pour beaucoup la période du metal est vue comme étant intégré dans la crise d’adolescence[4].

D’après la constellation d’attribut réalisé auprès de huit métalleux, le premier aspect qui les attire est la puissance, suivie de peu par la technique instrumentale. Ce sont les deux aspects de l’étude de Robert Culat. Par contre la violence et la haine n’ont intéressé qu’une seule personne. Les métalleux aiment la diversité du métal, ils aiment son évolution et ses mélanges. C’est une musique qui leur permet de s’évader du quotidien. Certains sont intéressés par le look d’autres par l’émotion suscitée par une telle musique. Le metal est également vue comme une « grande famille », comme une tribu, composée de « frères » et de « sœurs » qui partagent la même passion. Il y a une véritable solidarité, des liens sont créés entre eux. Mais pour que l’analyse soit plus intéressante il aurait fallut interroger plus de personnes.

D’après Gerald du groupe Funerarium « au début quand on rentre [dans le metal], c’est pour cette attitude vestimentaire. Tu entres parce que tu veux faire chier tes parents. C’est vraiment surtout pour l’image que tu entres dans le metal, pour choquer, les habits noirs, les bagouzes… ». « Une vérité première, celle de l’enfant révolté contre le monde du Bien, contre le monde des adultes, et, par sa révolte sans réserve, voué au parti du Mal. » (Bataille). Pour beaucoup, ils en viennent inconsciemment à cette musique parce qu’elle déplaît à leurs parents et qu’elle va par conséquent, susciter une réaction de leur part. C’est une manière d’attirer l’attention au début. Par la suite, suivant la maturation du métalleux, il va s’immerger dans un imaginaire sombre (black metal principalement) avec Le seigneur des anneaux de Tolkien, La Bible Satanique de Lavey, Nietzsche, Lautréamont. Mais beaucoup de personnes qui entrent dans le metal vers l’âge de 12 ans, changent radicalement de style musical vers l’âge adulte, vers la techno ou autres musiques alternatives.

Aujourd’hui, les adolescents qui « débutent » dans le metal, commencent par écouter des groupes comme Metallica, AC/DC, voire Marilyn Manson, car ce sont des groupes surmédiatisés, beaucoup plus influent que tous les autres artistes. Les groupes de Néo Metal, comme Linkin Park, Blink 182, Sum 41, Slipknot sont également les groupes que les jeunes écoutent en premiers de par leur sur-médiatisation.

 

Stimulus : le METAL

L'attirance pour le metal

Public spécialisé : 8 personnes de 14 à 34 ans

Hommes et femmes confondus

Temps passé : Environ 5 minutes


Constellation : attirance pour le metal

Les personnes qui pensent que les métalleux ne sont que des ados en crise, ne voit dans le metal que des groupes comme Green Day, Sum 41, Blink 182, The Offspring … Ce sont des groupes qui n’ont rien à voir avec le mouvement Metal. Les groupes de néo  Metal comme Linkin Park, Slipknot, Korn ont beaucoup d’influence chez les jeunes. Mais ce n’est qu’un sous-genre du Metal, d’ailleurs très controversé parmi les métalleux, qui ne voient pas en ce sous-genre du metal. Mais tous les groupes cités sont des groupes surmédiatisés, ce sont les groupes que les médias veulent bien nous montrer. En effet ils montrent rarement la vraie face du Heavy Metal, et ne s’attardent que sur le Néo Metal, qui fait fureur chez les adolescents de 12 ans.

« Le neometal est un sous-genre davantage médiatisé que le metal au sens général. Il date […] des années 1990 avec des groupes comme Korn, Slipknot, voire les français de Pleymo. Les acteurs qualifient de « néométalleux » ses fans qu’ils nomment aussi « skateurs ». […] Ces derniers sont âgés entre douze et dix-huit ans et forment la dernière génération des métalleux, critiquée par beaucoup d’ « anciens ». Ainsi « neométalleux » signifie à la fois fan de neometal avant tout, mais aussi, une nouvelle forme de métalleux bien plus hybride qui apparaît aujourd’hui (entretenant souvent des goûts pour le rap, le hardcore, la techno…)[5] ».

La première constellation d’attribut concerne exclusivement les groupes écoutés dans les débuts. On remarque que les premiers groupes écoutés par les métalleux sont des groupes de néo metal « System Of A Down », « Rammstein », « Slipknot », « Korn », « Linkin Park », mais aussi des groupes de hard rock « Iron Maiden », « Metallica », « Judas Priest », « Black Sabbath », « AC/DC ». D’autres groupes apparaissent comme « Cradle Of Filth », « Children Of Bodom », « Dimmu Borgir », « apocalytpica », « Nightwish », « Slayer », « Cannibal Corpse », qui sont des groupes opposés à ceux du néo metal cités auparavant. Mais les groupes écoutés restent les mêmes, et ne sont pas nombreux, ni très diversifiés. La plupart des métalleux ont commencé par écouter des groupes connus car commerciales et médiatisés. Tous les groupes cités sont connus par les métalleux, même s’ils ne les apprécient pas forcément.

La seconde constellation concerne les groupes écoutés quelques années après la découverte du metal. On remarque ici, que les groupes cités sont beaucoup plus nombreux et plus diversifiés. Tous les groupes cités ne sont pas forcément connus par les métalleux. Les deux groupes qui reviennent le plus sont Nightwish et Slayer, deux groupes assez opposés. Les groupes de néo metal sont beaucoup moins nombreux, et sont cités moins de fois : « AqME », « Pleymo », « SOAD » : ils n’apparaissent plus, et la plupart des métalleux qui avouent en avoir écouter, se sentent honteux. Avec plus de recul, ils sont à même d’écouter d’autres sous genres du metal. On remarque ainsi une ouverture sur les autres sous-genres comme le black, le death, le power …

Le métalleux est vu comme un adolescent Headbanger antisocial, qui veut afficher sa rébellion en écoutant du Metal.

 

Stimulus : le METAL

Les premiers groupes écoutés

Public spécialisé : 20 personnes de 14 à 34 ans

Hommes (16) et femmes (4) confondus

Temps passé : Environ 5 minutes

 

 

 

 

Stimulus : le METAL

Les groupes écoutés après quelques années

Public spécialisé : 20 personnes de 14 à 34 ans

Hommes (16) et femmes (4) confondus

Temps passé : Environ 5 minutes

 

 

 

 

 


Rejet (1 fois)

Certains métalleux affirment avoir traversé durant leur enfance et leur adolescence des périodes d’incompréhension et de rejet. Cette souffrance resurgirait dans leur musique[6], comme l’explique Amduscias du groupe Temple Of Baal :

« J’ai passé énormément d’années de ma vie, rejeté et seul. Mais c’est pas à cause du metal, ça date de très, très longtemps dès que j’ai été sociabilisé, dès que j’ai été avec des humains. Mes plus lointains souvenirs, j’étais tout seul ! Dès que je suis rentré à l’école, les gens ne voulaient pas être avec moi quoi. Au début, ça me faisait chier parce que bon, quand t’as trois, quatre ans, ça fait chier, mais bon après les gens ne veulent pas de moi donc je ne veux pas d’eux, tant pis. Tu ne veux pas … Bon ben casse-toi !! Et après c’est moi qui ai commencé à rejeter les autres. Le metal, c’était un truc auquel je pouvais m’identifier[7] ».

Plusieurs musiciens ont mal vécu leur entrée en société. Ils en ont souffert, et le metal creusait encore plus ce fossé d’incompréhension. D’ailleurs les musiciens le montrent dans leurs pochettes d’albums, où ils donnent l’impression de voir le monde en noir et blanc. Quelques couleurs sont présentes, mais elles restent très sombres.

Même si les musiciens rejettent « symboliquement les lois de la société » dans leur musique, ils ont tout de même un métier salarié, ils les acceptent et s’y plient.

La grande majorité des métalleux déclarent avoir découvert le metal extrême après le heavy metal, c'est-à-dire un écart de 2 à 5 ans entre les deux. Rare sont ceux qui connaissent les deux dans la même année. Ce qui va amener la personne à découvrir le Black Metal c’est son attirance pour l’esthétique occulte.

D’après Nicolas Walzer, « le metal extrême demande une initiation particulière […]. Au début [les métalleux] ne sont pas familiariser aux sonorités et ne les comprennent pas mais sont attirés par ce qui particularise cette musique : sa violence ».

D’après une mini-étude que Nicolas Walzer a réalisé sur quelques musiciens de la même tranche d’âge 27-30, il remarque qu’ils ont tous connu durant la même période de 4 ans, durant laquelle ils n’écoutaient que du metal extrême. Celle-ci a duré de 18 à 22 ans pour chacun[8]. Une fois ce laps de temps écoulé, on assiste à une ouverture musicale.


« Album » (1 fois)

Les groupes de metal gagnent très peu d’argent, voire quasi pas. Il est très difficile, voire impossible de vivre grâce à sa musique, et il est indispensable d’avoir un emploi stable. De plus tenter de gagner sa vie en produisant ou en jouant du black metal, ce serait nuire à sa musique. Il faut savoir qu’à chaque Cd vendu, le groupe ne gagne qu’un euro. Le téléchargement et les copies illégales sur CD-Rom ne font qu’empirer le sort des musiciens puisque les ventes de Cds s’écroulent.

De plus, le metal demande un investissement financier plutôt important : amplification, visuels de hautes technologies …

« La question des ventes d’albums a semble-t-il toujours été un tabou tribal. Les groupes eux-mêmes déclarent souvent ne pas connaître leurs chiffres de ventes[1] ».

« Chaque concert que l’on fait, on touche personnellement zéro franc. C’est Furia qui touche » (un musicien du groupe Furia). Pour les Cds c’est le même principe.

Contrairement aux USA, à l’Allemagne ou à l’Angleterre, la France n’est pas un « gros » vendeur de Cds : les ventes restent moyennes.

Seuls les Cds de néo metal permettent à des producteurs de faire fortune dans le monde du metal.

Arrêt du metal

D’après Manuel (du groupe The Old Dead Tree) « beaucoup de gens […] arrêtent d’écouter du metal en devenant adulte, passé le cap de la vingtaine », mais par contre ceux qui continuent « ne le voit plus du tout avec la même maturité qu’à l’époque<span.></span.> ».

 Evolution du metal

On remarque une évolution des groupes de Metal au début des années 2000, avec un éloignement des racines, moins de noir et plus de couleur, moins de négativisme et plus de remises en questions, expositions d’une complexité sociale. Et pour les groupes de Black Metal, ça correspond à l’éloignement des groupes fondateurs, de leurs racines stylistiques, iconographiques ou conceptuelles. Les pochettes et les logos des albums le prouvent.

Réaction des parents vis-à-vis des goûts musicaux de leurs enfants

  • MkM (Antaeus) raconte à Nicolas Walze la réaction de ses parents :

« Comment tes parents voient ta passion pour le metal extrême ?

_ Ils m’ont renié … mais vraiment quoi ! […] Mes parents m’ont fait brûler tous mes posters, exploser tous mes disques et mes cassettes que j’avais ! En fait, j’ai redoublé ma seconde parce que c’est là où j’ai fait le plus d’excès. Et pour me faire payer le fait de tout ça : brûler les cassettes, les tee-shirts, tout détruire, les cheveux coupés au sécateur ![3] ».

  •  Les parents de Rash ont manifesté un rejet total :

« Ils m’aiment, je les aime plus que tout au monde mais je n’ai jamais pu lâcher le metal pour leur plus grand malheur … Je n’ai pas eu la force de décrocher à la fin de l’adolescence et devenir un homme respectable dans le sens où mon père l’entend ».

Niveau d’étude

Un métalleux déclare sur un site Internet que le directeur de son lycée lui avait affirmé que sa façon de s’habiller « reflété sa façon de travailler ».

En réalité, suite à quelques entretiens avec des musiciens de metal, Nicolas Walzer, montre qu’ils ont un « degré de qualification au dessus de la moyenne nationale. Tous ont au moins un bac+2, un seul n’a pas le bac. » Hingard possède par exemple un Bac + 5 d’une grande école de commerce (ESSEC) suivi par Achenar Bac + 4. On note un penchant plus littéraire pour les black métalleux que pour les autres.[4] Ainsi les acteurs du metal « constituent un groupe social particulièrement qualifié ». Fabien Hein montre « qu’à l’inverse des Etats-Unis et de l’Angleterre, le metal en France est une musique d’employé et de cadres ».

Selon une étude de Fabien Hein recueilli en Lorraine entre janvier 1999 et septembre 2002 concernant 165 personnes (musiciens faisant partit d’un groupe de musique metal), « il apparaît que les acteurs du metal constituent un groupe social plutôt qualifié ».

Burzum



[1] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 266.

[2] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 149.

[3] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page.

[4] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 101


[1] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 114.

[2] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 117.

[3] L’Age du Metal – Robert Culat – Edition Camion Blanc

[4] L’Age du Metal – Robert Culat – Edition Camion Blanc – Page 29 et 159.

[5] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 126.

[6] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 152.

[7] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 152.

[8] Anthropologie du metal extrême – Nicolas Walzer – Edition Camion Blanc – Page 169.          

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